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Communiqué
28 septembre 2011
Nouvelle exposition au Musée du Château Dufresne :
L’école d’antan (1860-1960)
Le Musée du Château Dufresne et l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve inaugurent ce soir une nouvelle exposition qui nous reporte au cœur des cent ans ayant précédé la Révolution tranquille. L’exposition comporte deux volets.
Volet 1 : Une exposition pour petits et grands
Le premier volet permet aux jeunes de 6 à 55 ans de découvrir un monde disparu, et aux plus vieux de le redécouvrir : une école française catholique, sans calculette, ni télévision, ni ordinateur. C’est aussi l’occasion d’explorer l’école anglo-protestante et de voir l’abîme qui séparait souvent les deux réseaux. La recherche préparatoire à l’exposition a permis plusieurs découvertes dont quelques-unes ne manqueront pas d’alimenter le débat actuel en éducation, notamment en ce qui concerne le décrochage des garçons et les bulletins.
L’exposition aborde une dizaine de thématiques. Elle nous replonge dans le contexte religieux de l’école de l’époque. Une école où le clergé exerçait une influence majeure : étude du catéchisme et de l’histoire sainte, préparation aux sacrements, manuels scolaires remplies d’histoires et d’exemples religieux, mais aussi nombreuses activités parascolaires pour susciter la foi (croisés et croisillons, cadets du Sacré-Cœur, Jeunesse étudiante catholique, enfants de Marie, etc.).
L’exposition présente le matériel de l’écolier de cette époque révolue : plume, encrier et buvard, ardoise individuelle, pupitres double ou simple. On peut aussi voir une partie du coffre d’outils des professeurs de l’école d’antan : « machine à alcool », dactylo, épiscope, tableaux pour l’enseignement de l’histoire, de l’histoire sainte et de l’anglais, technologie « révolutionnaire » pour enseigner l’anglais (gramophone 78 tours), petit musée, herbier ancien, etc.
L’exposition permet d’admirer divers objets servant à motiver les élèves : panoplie de médailles et de certificats de mérite, prix de fin d’année remontant à cent ans, images pieuses et autocollants (angelots, étoiles). C’est sans oublier le motivateur ultime : les bulletins, qui étonneront autant les tenants que les détracteurs du bulletin actuel. La comparaison des bulletins catholiques et protestants avant 1960 réservent en effet de grandes surprises.
Avant 1960, les enseignants ne connaissaient pas encore les découvertes du psychologue B.F. Skinner qui a démontré que les renforcements positifs étaient beaucoup plus efficaces que les renforcements négatifs pour favoriser les apprentissages. Aussi, c’est un savant mélange de « carotte et de bâton » qui tenait lieu de théorie pédagogique. Quand la « carotte » ne suffisait pas, on avait recours aux punitions. Les types de réprimandes étaient multiples, mais il y avait surtout la « strappe », qui terrifiait littéralement les élèves, surtout les garçons. Outre cet instrument aujourd’hui défendu, les visiteurs auront l’occasion de voir le grand cahier d’une école protestante dans lequel on consignait les noms de tous les élèves ayant reçu la strappe, incluant aussi les motifs, le nombre de coups sur chaque main et le nom du professeur qui demandait le châtiment.
L’enseignement du patriotisme est aussi omniprésent dans l’école d’antan, mais ce patriotisme est très différent selon qu’il s’agit d’une école catholique ou protestante. Dans un cas, le patriotisme vénère l’empire britannique, le God Save the King et l’Union Jack. Dans l’autre, les héros sont différents et le drapeau également. Même l’hymne officieux (Ô Canada) chante la grandeur de la nation « canadienne », c’est-à-dire canadienne-française.
Le visiteur pourra également vérifier s’il est vrai que le décrochage des garçons peut se résoudre en créant des écoles réservées aux garçons, avec beaucoup de sport, et des professeurs masculins. Encore une fois, détracteurs et tenants de ces solutions auront quelques surprises.
Enfin, cette exposition permet d’admirer la magnifique collection d’uniformes que les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie ont précieusement conservée. L’uniforme le plus ancien remonte à 1874; le plus récent aux années 1950.
On pourra aussi voir un échantillon représentatif de l’impressionnante collection de manuels scolaires des Frères des Écoles Chrétiennes, les plus importants éditeurs scolaires avant 1960. Le plus ancien manuel exposé remonte à 1866. La collection comprend des manuels de diverses matières et diverses époques, dont plusieurs ont plus de cent ans.
Bref, il s’agit d’une occasion unique pour les parents et grands parents de faire une visite amusante et instructive au musée, en compagnie de leurs enfants ou de leurs petits-enfants.
Volet 2 : Revivre une journée de classe des années 1930
Le second volet est réservé aux classes de 3e cycle du primaire (5e et 6e années). Il offre la possibilité de revivre une journée de classe des années 1930, au moment de la Grande dépression. Pour l’occasion, les élèves revêtent des costumes d’époque. La classe est dirigée par sœur Ida de Saint-Antoine, des Saints Noms de Jésus et de Marie, et par frère Marcellin, des Écoles Chrétiennes. Ces rôles sont joués par Josette Sosa, une enseignante à la retraite, et par Roch Aubert, un comédien ayant souvent oeuvré avec des groupes scolaires.
On doit aux élèves et aux professeurs de l’École des métiers du meuble de Montréal (CSDM) la fabrication des pupitres semblables à ceux utilisés dans les années 1930 à l’école Saint-Nom-de-Marie. Cette école existe toujours sur la rue Hochelaga, à l’angle du boulevard Pie-IX. Elle porte aujourd’hui le nom d’école Irénée-Lussier.
La journée de classe inclut des cours de catéchisme, d’histoire sainte, de géographie, d’histoire, de bienséance, d’entretien ménager ainsi qu’un exercice d’écriture à la plume.
De retour à leur école, les élèves pourront ensuite s’adonner à diverses activités pour comparer l’école d’antan et à celle d’aujourd’hui.
Les partenaires
Cette exposition n’aurait jamais vu le jour sans la participation enthousiaste des partenaires suivants :
- L’UQAM (département de didactique et programme de maîtrise en muséologie).
- Une école montréalaise pour tous (MELS) qui finance la fabrication des costumes des élèves, la participation de 12 classes d’écoles défavorisées et une série d’activités réparties sur un mois autour de cette journée de classe.
- Les Frères des Écoles Chrétiennes et les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie qui ont ouvert leurs archives et prêté de nombreux artefacts, les costumes de sœur Ida de Saint-Antoine et de frère Marcellin, sans oublier un soutien financier.
- La Caisse Desjardins Préfontaine-Hochelaga, GazMétro et qui ont apporté leur soutien financier à ce projet emballant.
- Les enseignants et les élèves de l’École des métiers du meuble de Montréal (CSDM) qui ont réalisé les magnifiques pupitres de la classe des années 1930.
- La Commission scolaire de Montréal qui a ouvert ses archives et prêté de nombreux artefacts, mais aussi qui a imprimé le dépliant destiné à l’ensemble des écoles de la région de Montréal.
- Bibliothèque et archives nationales du Québec qui organise une initiation aux archives nationales des 12 classes d’écoles défavorisées.
- Mme Line Beauchamp, qui a puisé dans son budget discrétionnaire de ministre de l’Éducation pour soutenir cette exposition.
- Le projet a aussi bénéficié du soutien financier du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et de la Ville de Montréal dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal ».
Une publication en préparation
Terminons en soulignant que la qualité de la recherche pour cette exposition a convaincu la direction des Presses de l’Université du Québec de publier un livre sur le sujet, illustré de très nombreuses photographies en couleurs. Sa parution est prévue pour la première semaine de novembre, tout juste avant le salon du livre.
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